Molecules Inhibiting A Metabolic Pathway Involving The Syk Protein Tyrosine Kinase And Method For Identifying Said Molecules

  • Published: Nov 5, 2009
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Molécules inhibant une voie métabolique impliquant la protéine tyrosine kinase Syk et procédé d'identification de ces molécules

La présente invention est relative à des molécules organiques capables d'inhiber la liaison d'un anticorps ou fragment d'anticorps avec la protéine tyrosine kinase Syk humaine, à l'utilisation de ces molécules pour la fabrication de médicaments pour la prévention ou le traitement de pathologies dépendantes de voies métaboliques impliquant Syk, ainsi qu'à un procédé d'identification de telles molécules.

La Protéine Tyrosine Kinase (PKT) Syk (« Spleen tyrosine kinase ») est une protéine cytoplasmique qui est un médiateur clé de la signalisation dépendante d'immunorécepteurs dans des cellules impliquées dans l'inflammation telles que les lymphocytes B, les mastocytes, les macrophages et les neutrophiles. Au niveau des mastocytes et des basophiles, la réticulation du récepteur FcεRI (récepteur à haute affinité des Immunoglobulines E) avec les IgE et les antigènes induit la phosphorylation des motifs ITAM (« Immunoreceptor Tyrosine-based Activation Motif ») de FcεRI de manière à former un site de liaison pour Syk qui est alors activé. La protéine Syk activé phosphoryle à son tour de nombreux substrats, parmi lesquels les protéines adaptatrices LAT

(« linker for activation of T cells »), SLP-76 (« Src homology 2 (SH2) domain-containing leukocyte protein of 76 kD ») et Vav, conduisant à l'activation de plusieurs cascades de signalisation, telles que celles de PLC-γ (phospholipase Cy), PI3K (« phosphatidylinositol 3-kinase »), Erk (« extracellular signal-regulated kinase »), JNK (« c-jun N-terminal kinase ») et p38 (voir figure 9).

Ces cascades mènent finalement à la dégranulation, la synthèse et la libération de médiateurs lipidiques, et à la production et à la sécrétion de cytokines, chimiokines et facteurs de croissance

1, 2 par les mastocytes et les basophiles .

La protéine Syk est par conséquent reconnue comme une cible pharmaceutique potentielle, notamment pour le traitement de réactions d'hypersensibilité de type I incluant la rhinite allergique, l'urticaire, l'asthme et l'anaphylaxie en raison de sa position critique en amont des complexes immuno-récepteurs de signalisation qui régulent la réponse inflammatoire dans les leucocytes. Le

3 fait que la protéine Syk régule positivement la signalisation FcεRI , suggère en particulier qu'elle pourrait être une excellente cible pour le traitement des troubles allergiques. De plus, en raison de son rôle central dans la signalisation FcεRI-dépendante, le fait d'interagir pharmaceutiquement avec Syk pourrait s'avérer plus avantageux que l'utilisation classique d'antihistaminiques ou d'agonistes du récepteur du leucotriène qui inhibent un seule étape avale des cascades complexes qui contribuent aux symptômes aigus et chroniques associés avec les affections allergiques.

Des inhibiteurs pharmacologiques de l'activité kinase de Syk présentant un potentiel thérapeutique, tels que notamment des oligonucléotides anti-sens spécifiques de Syk sous forme d'aérosol et des petites molécules qui interfèrent avec l'activité de Syk telles que ER-27139, BAY-613606, le

1, 4 picéatannol et R112 ont déjà été développés . Cependant, si l'on considère les multiples types de cellules qui expriment Syk, des effets secondaires potentiels liés à une exposition systémique du système immunitaire à des médicaments ciblant le domaine kinase de Syk doivent être pris en considération. En effet, la protéine Syk est largement distribuée dans différents types cellulaires, il est par conséquent essentiel de prendre en considération les effets indésirables de son inhibition sur des fonctions physiologiques variées telles que la différenciation, l'adhésion et la prolifération

5, 6 cellulaire

Les inventeurs ont identifié des inhibiteurs de la protéine Syk qui agissent en empêchant son interaction avec ses partenaires cellulaires naturels plutôt qu'en ciblant son site catalytique, en particulier le composé C-13 et les composés 1 à 87 présentés dans le tableau 1.

Un objet de la présente invention est la molécule C-13 (méthyl 2-{5-[(3-benzyl-4-oxo-2-thioxo-1,3- thiazolidin-5-ylidene)méthyl]-2-furyl}benzoate) ayant pour formule

(C-13)

en tant que médicament pour la prévention ou le traitement d'une pathologie dépendante d'une voie métabolique impliquant Syk chez l'homme ou l'animal.

La présente invention a également pour objet des molécules organiques équivalentes sur le plan fonctionnel à la molécule C-13, se liant à la protéine tyrosine kinase Syk et en particulier des molécules capable d'inhiber d'au moins 5%, de préférence d'au moins 10%, par exemple d'au moins 15, 20, 25, 30, 35, 40, 45, 50, 55, 60, 65, 70, 75, 80 ou 85 % in vitro la liaison

(i) du fragment d'anticorps G4G11 (SEQ ID N°2), ou

(ii) du fragment d'anticorps G4E4 (SEQ ID N°3), ou (iii) d'un anticorps ou fragment d'anticorps se liant à la protéine tyrosine kinase Syk humaine au niveau d'un épitope comprenant au moins l'un des résidus 65 à 74 de la séquence en acides aminés de la protéine tyrosine kinase Syk humaine représentée par la séquence SEQ ID N°1 , ou

(iv) d'un anticorps ou fragment d'anticorps se liant à la protéine tyrosine kinase Syk humaine et inhibant d'au moins 10% la liaison des fragments d'anticorps G4G11 ou G4E4 avec la protéine tyrosine kinase Syk humaine (SEQ ID N°1 ) à la protéine tyrosine kinase Syk humaine ou à l'une de ses variantes chez l'animal, par exemple la protéine tyrosine kinase Syk murine dont la séquence est illustrée à la figure 8B (SEQ ID N°4), en tant que médicament pour la prévention ou le traitement d'une pathologie dépendante d'une voie métabolique impliquant Syk chez l'homme ou l'animal.

Par « molécule équivalente sur le plan fonctionnel » on entend une molécule, par exemple une molécule organique de poids moléculaire compris entre 50 et 2500 Da, capable de conduire au même effet in vitro en milieu intra ou extra cellulaire ou in vivo, éventuellement avec une intensité différente, qu'une molécule donnée. En particulier dans le cadre de la présente invention, on entend par « molécule équivalente sur le plan fonctionnel à la molécule C-13 », une molécule capable de produire le même effet in vitro en milieu intra ou extra cellulaire ou in vivo, éventuellement avec une intensité différente, sur la protéine tyrosine kinase humaine telle que représentée par séquence SEQ ID N°1 (figure 8A) que la molécule C-13. En particulier il s'agit de molécules inhibant la liaison de Syk avec une autre protéine se produisant au niveau de la région de Syk comprenant ses domaines SH2. Plus particulièrement encore ces molécules n'affectent pas l'activité enzymatique kinase de Syk. Il s'agit par exemple de molécules capables d'inhiber l'interaction de la protéine tyrosine kinase Syk avec le fragment d'anticorps G4G11 (SEQ ID N°2), le fragment d'anticorps G4E4 (SEQ ID N°3), ou un anticorps ou fragment d'anticorps se liant au même épitope que le fragment d'anticorps G4G11 ou G4E4 sur la protéine Syk humaine (SEQ ID N°1).

Par « pourcentage d'inhibition » de la liaison d'un anticorps ou fragment d'anticorps à la protéine Syk, on entend en particulier le ratio [(A - B) / (A x 100)], où A correspond à l'intensité d'un signal proportionnel à la quantité d'un anticorps ou d'un fragment d'anticorps lié à la protéine Syk en l'absence d'une molécule selon l'invention et B à l'intensité du même signal en présence d'une molécule selon l'invention dans les mêmes conditions. L'inhibition de la liaison d'un anticorps ou fragment d'anticorps à la protéine Syk peut notamment être mise en évidence in vitro par un essai de déplacement de l'anticorps basé sur la technique ELISA tel que décrit par exemple dans la demande internationale WO 2005106481. Cet essai peut être réalisé par exemple selon le protocole décrit dans l'exemple 3-2) ci-après.

Par « variantes de Syk chez l'animal » on entend des gènes de différentes espèces animales, par exemple de la souris, du rat, du chien, du chat ou d'un autre mammifère, codant pour une protéine présentant une forte homologie ou identité de séquence et de fonction avec la protéine Syk humaine telle que représentée par la séquence SEQ ID N°1 (voir figure 8A), par exemple une protéine présentant une homologie ou une identité de séquence d'au moins 70, 75, 80, 85, 90 ou 95% avec la séquence SEQ ID N°1 de la protéine Syk humaine, présentant la même activité tyrosine kinase et impliquée dans les mêmes cascades fonctionnelles que cette dernière, en particulier dans la cascade fonctionnelle conduisant à la dégranulation des mastocytes. Il peut notamment s'agir de gènes orthologues c'est-à-dire de gènes présents dans des organismes différents, ayant évolué à partir d'un même gène ancestral suite à des événements de spéciation. -A-

La présente invention a également pour objet les sels pharmaceutiquement acceptables, et le cas échéant, les stéréoisomères et racémates de C-13 ou des molécules équivalentes selon l'invention.

Par « sels pharmaceutiquement acceptables » on entend les sels d'addition acides ou de bases, inorganiques et organiques, relativement non toxiques qui conservent l'activité biologique des molécules selon l'invention. Des exemples de sels pharmaceutiquement acceptables sont notamment décrits dans S. M. Berge et al., « Pharmaceutical Salts », J. Pharm. Sci, 1977, 66:p.1-

40

19 . Les sels d'addition pharmaceutiquement acceptables de molécules selon l'invention peuvent être par exemple des sels bromhydrate, chlorhydrate, sulfate, bisulfate, phosphate, nitrate, acétate, oxalate, valérate, oléate, palmitate, stéarate, laurate, borate, benzoate, lactate, phosphate, tosylate, citrate, maléate, fumarate, succinate, tartrate, naphthylate, mésylate, glucoheptanate, lactobionate, sulfamates, malonates, salicylates, propionates, méthylènebis-b-hydroxynaphtoates, acide gentisique, iséthionates, di-p-toluoyltartrates, méthanesulfonates, éthane-sulfonates, benzènesulfonates, p-toluènesulfonates, cyclohexyl sulfamates et quinateslaurylsulfonate, et analogues. D'autres sels pharmaceutiquement acceptables pouvant être appropriés incluent des sels de métaux, par exemple les sels pharmaceutiquement acceptables de métaux alcalins ou alcalino-terreux, tels que les sels de sodium, potassium, calcium ou magnésium.

Ces sels pharmaceutiquement acceptables peuvent être préparés in situ pendant l'isolement final et la purification des molécules. Alternativement, les sels d'addition acides ou de base peuvent être préparés en faisant réagir séparément la molécule purifiée sous sa forme acide ou basique avec respectivement une base ou un acide organique ou inorganique et en isolant le sel ainsi formé. Par exemple, un sel d'addition acide pharmaceutiquement acceptable peut être préparé en faisant réagir une molécule selon l'invention avec un acide organique ou inorganique convenable (tel que par exemple l'acide hydrobromique, hydrochlorique, sulfurique, nitrique, phosphorique, succinique, maléique, formique, acétique, propionique, fumarique, citrique, tartarique, lactique, benzoïque, salicylique, glutamique, aspartique, p-toluène-sulfonique, benzène-sulfonique, méthane-sulfonique, éthane-sulfonique, hexanoïque ou naphthalène-sulfonique tel que l'acide 2-naphthalène sulfonique), éventuellement dans un solvant approprié tel qu'un solvant organique. Un sel d'addition de base peut, lorsqu'un groupement acide approprié est présent, être préparé en faisant réagir une molécule selon l'invention avec une base organique ou inorganique appropriée (par exemple le triéthyl-amine, l'éthanol-amine, le triéthanol-amine, la choline, l'arginine, la lysine ou l'histidine), éventuellement dans un solvant approprié tel qu'un solvant organique. Les sels ainsi générés peuvent ensuite être isolés par cristallisation et filtration.

Dans certaines mises en oeuvre, les sels pharmaceutiquement acceptables sont préférés dans la mesure où ils confèrent une meilleure stabilité ou solubilité aux molécules selon l'invention facilitant leur formulation. Selon une mise en œuvre particulièrement préférée, les molécules organiques selon l'invention se lient à la protéine tyrosine kinase Syk au niveau d'un site localisé en dehors de son domaine catalytique.

De préférence également, les molécules organiques selon l'invention ont un poids moléculaire compris entre 50 et 2500 Dalton, par exemple entre 50 et 2000 Da, entre 50 et 1500 Da ou entre 50 et 1000 Da.

Selon une mise en oeuvre particulière, les molécules selon l'invention sont capables d'inhiber d'au moins 5%, de préférence d'au moins 10%, la liaison d'un anticorps ou fragment d'anticorps se liant à la protéine tyrosine kinase Syk humaine au niveau d'un épitope comprenant au moins deux, de préférence au moins 3, 4 ou 5, par exemple 5, 6, 7, 8, 9 ou 10 des résidus 65 à 74 de la séquence en acides aminés de la protéine tyrosine kinase Syk humaine (SEQ ID N°1), à la protéine tyrosine kinase Syk humaine. Selon une mise en œuvre préférée, l'anticorps ou fragment d'anticorps se lie à la protéine tyrosine kinase Syk humaine au niveau du même épitope que le fragment d'anticorps G4G11 ou que le fragment d'anticorps G4E4 sur la protéine tyrosine kinase Syk humaine dont la séquence est illustrée par la SEQ ID N°1.

Selon une autre mise en oeuvre particulière, les molécules selon l'invention sont capables d'inhiber d'au moins 5%, de préférence d'au moins 10%, la liaison d'un anticorps ou fragment d'anticorps se liant à la protéine tyrosine kinase Syk et inhibant d'au moins 15%, de préférence d'au moins 20, 30, 40, 50, 60, 70 ou 80 % la liaison des fragments d'anticorps G4G11 ou G4E4 avec la protéine tyrosine kinase Syk humaine (SEQ ID N°1), à la protéine tyrosine kinase Syk humaine.

De préférence, les molécules selon l'invention se lient à la protéine Syk humaine au niveau d'une poche tridimensionnelle comprenant le résidu Arginine situé en position 68 et les deux résidus acide glutamique situés en positions 121 et 155 de la protéine Syk dont la séquence est illustrée par la SEQ ID N° 1. De préférence encore, la poche tridimensionnelle comprend également le résidu Serine situé en position 9, le résidu Glutamine situé en position 43, le résidu Phénylalanine situé en position 51 , le résidu Isoleucine situé en position 66, les résidus Glutamate situés en position 67 et 69, le résidu Leucine situé en position 70, le résidu Asparagine situé en position 71 , le résidu Glycine situé en position 72, le résidu Thréonine situé en position 73, le résidu Tyrosine situé en position 74 et le résidu Alanine situé en position 75 de la protéine Syk humaine dont la séquence est illustrée par la SEQ ID N°1.

De préférence encore, l'affinité In vitro, mesurée par la constante de dissociation (ou Kd), des molécules selon l'invention pour la protéine Syk, est inférieure à 100 μM, de préférence encore, inférieure à 50 μM, et de manière particulièrement préférée, inférieure à 25 μM. L'affinité des molécules selon l'invention pour la protéine Syk est par exemple comprise entre 0,01 et 100 μM, entre 0,1 et 50 μM ou entre 0,5 et 25 μM. La constante de dissociation des molécules selon l'invention vis-à-vis de la protéine Syk peut notamment être mesurée in vitro par spectroscopie de fluorescence (ou spectroflurométrie).

La présente invention a également pour objet l'utilisation d'une molécule selon l'invention pour la fabrication d'un médicament pour la prévention ou le traitement d'une pathologie dépendante d'une voie métabolique impliquant Syk chez l'homme ou l'animal.

Selon une mise en œuvre particulièrement préférée, les molécules ou sels selon l'invention sont utilisées pour la fabrication de médicament pour la prévention ou le traitement de réactions d'hypersensibilité de type I.

Par « hypersensibilité » on entend une réponse immunitaire inappropriée et excessive à un allergène, par exemple le pollen, la poussière, des poils d'animaux ou certains aliments, les effets allant de la réaction allergique modérée (éruption cutanée, rhinite, conjonctivite...) à des réactions systémiques sévères pouvant mener au choc anaphylactique et pouvant dans certains cas être fatales. Les réactions d'hypersensibilité à effet immédiat et retardé sont classifiées dans les types I et IV respectivement de la classification établie par GeII et Coombs (GeII PGH, Coombs RRA, eds.

39 Clinical Aspects of Immunology. 1st éd. Oxford, England: Blackwell; 1963 ). Selon cette classification I' « hypersensibilité de type I » (ou « atopique » ou « anaphylactique ») est une réaction allergique immédiate liée à l'exposition à un antigène spécifique ou allergène, par exemple par ingestion, inhalation, injection ou contact direct, et au déclenchement de la sécrétion d'Immunoglobulines E (IgE) par les cellules plasmatiques. Les IgE se lient aux récepteurs Fc présent à la surface des mastocytes tissulaires et des basophiles sanguins. Une exposition ultérieure des mastocytes et basophiles ainsi sensibilisés au même allergène conduit à la dégranulation des cellules présentant NgE correspondante et à la libération de médiateurs tels que l'histamine, le leukotriène ou les prostaglandines qui agissent sur les tissus environnant, conduisant en particulier à une vasodilatation et à la contraction des muscles lisses. Les réactions peuvent être locales ou systémiques et les symptômes varient de l'irritation modérée à la mort soudaine par choc anaphylactique. A titre d'exemple de pathologies causées par l'hypersensibilité de type I, on peut citer l'asthme allergique, la conjonctivite allergique, la rhinite allergique (ou rhume des foins), l'anaphylaxie, l'angioedème, l'urticaire, l'éosinophilie, des allergies aux antibiotiques tels que la pénicilline ou la céphalosporine. L' « hypersensibilité de type II » ou « réponse immunitaire dépendante des anticorps » est une réaction nécessitant généralement de quelques heures à une journée, liée aux interactions entre des anticorps (IgG, IgM) et un antigène au niveau de la surface des cellules du patient présentant cet antigène, conduisant à la destruction de ces cellules et à la prolifération des lymphocytes B produisant les anticorps contre l'antigène. L' « hypersensibilité de type III » ou « maladie du complexe immun » est une réaction se développant sur plusieurs heures, jours ou semaines, liée à la présence en quantités similaires d'anticorps et d'antigènes conduisant à la formation de complexes immuns ne pouvant être évacués circulant dans les vaisseaux, à leur dépôt au niveau des parois de ces derniers et conduisant à des réponses inflammatoires locales ou générales. L'« hypersensibilité de type IV » ou « immunité à médiation cellulaire » ou « réaction d'hypersensibilité retardée » est une réaction immunitaire nécessitant généralement deux à trois jours pour se développer et non liée à une réponse anticorps mais à la formation d'un complexe entre des cellules présentant un antigène du complexe majeur d'histocompatibilité I ou II et des lymphocytes T conduisant à la libération de lymphokines et/ou à la cytotoxicité médiée par les lymphocytes T.

De préférence, les molécules ou sels selon l'invention sont utilisées pour la fabrication de médicaments pour la prévention ou le traitement de réactions d'hypersensibilité de type I qui inhibent la dégranulation des mastocytes dépendante des IgE. De préférence encore, les molécules selon l'invention sont capables d'inhiber de 50% in vitro la dégranulation des mastocytes à une concentration (CI50) comprise entre 1ng/ml et 1 mg/ml, par exemple à une concentration comprise entre 1 ng/ml et 500 μg/ml, entre 1 ng/ml et 250 μg/ml, entre 1 ng/ml et 100 μg/ml, entre 1 ng/ml et 50 μg/ml, entre 1 ng/ml et 10 μg/ml, entre 1 ng/ml et 5 μg/ml ou entre 1 ng/ml et 2 μg/ml. De préférence également, une quantité comprise entre 1 nM et 1 mM, par exemple entre 1 nM et 100 nM, entre 10 nM et 100 nM ou entre 1 nM et 10 nM, d'une molécule selon l'invention est capable d'inhiber de 50% in vitro la dégranulation des mastocytes.

De préférence encore, la voie métabolique impliquant Syk sur laquelle agissent les molécules ou sels selon l'invention est une voie d'activation des mastocytes ou des basophiles.

De préférence encore, la pathologie sur laquelle agissent les molécules ou sels selon l'invention est l'asthme allergique, la conjonctivite allergique, la rhinite allergique, l'anaphylaxie, l'angioedème, l'urticaire, l'éosinophilie ou une allergie à un antibiotique.

Selon une mise en œuvre préférée, les molécules ou sels selon l'invention n'ont pas d'effet sur les voies métaboliques impliquant la protéine Syk humaine (SEQ ID N° 1) autres que celles conduisant à la dégranulation des mastocytes et/ou aux réactions d'hypersensibilité de type I. De préférence encore, les molécules ou sels selon l'invention n'ont pas d'effet sur la réponse anticorps faisant suite à une immunisation par un antigène thymo-dépendant ou sur le recrutement Syk-dépendant des neutrophiles.

La protéine tyrosine kinase Syk est également présente à la surface de lymphocytes B, lymphocytes T, neutrophiles, éosinophiles, cellules NK, plaquettes, érythrocytes, ostéoclastes, cellules épithéliales ou de cellules cancéreuses. Selon une mise en oeuvre alternative, la voie métabolique impliquant Syk sur laquelle agissent les molécules ou sels selon l'invention est une voie d'activation des lymphocytes B, des lymphocytes T, des neutrophiles, des éosinophiles, des cellules NK, des plaquettes, des érythrocytes, des ostéoclastes, des cellules épithéliales ou de cellules cancéreuses. Selon cette mise en œuvre, la pathologie sur laquelle agissent les molécules ou sels selon l'invention peut alors être la polyarthrite rhumatoïde, une maladie auto-immune, une inflammation ou un cancer. Selon une mise en œuvre particulière, les molécules ou sels selon l'invention peuvent être utilisés en combinaison avec une autre molécule thérapeutique. Il peut s'agir par exemple d'une molécule thérapeutique également utilisée pour la prévention ou le traitement d'une pathologie dépendante d'une voie métabolique impliquant Syk ou au contraire d'une molécule thérapeutique utilisée pour la prévention ou le traitement d'une pathologie non dépendante d'une voie métabolique impliquant Syk. Selon une mise en œuvre préférée, les molécules ou sels selon l'invention sont utilisés en combinaison avec une molécule utilisée pour le traitement de l'allergie ou de l'hypersensibilité de type I ou pour le traitement des symptômes y étant associés. De préférence encore, les molécules ou sels selon l'invention sont utilisés en combinaison avec l'épinéphrine (ou adrénaline), un antihistaminique H1, par exemple diphénhydramine, méclizine, fluphénazine, perphénazine, prochlorpérazine, trifluopérazine, acrivastine, astémizole, cétirizine, lévocétirizine, fexofénadine, loratadine, desloratadine, mizolastine, azélastine, lévocabastine, olopatadine, cromoglicate, nédocromil, un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) ou un anti-inflammatoire stéroïdien, par exemple cortisone, hydrocortisone (ou cortisol), acétate de cortisone, prednisone, prednisolone, méthylprednisolone, dexaméthasone, bétaméthasone, triamcinolone, béclométasone, fludrocortisone, acétate de désoxycorticostérone ou aldostérone. Selon une autre mise en œuvre préférée, les molécules ou sels selon l'invention sont utilisés en combinaison avec un traitement de désensibilisation allergique (ou vaccination anti-allergique), c'est-à-dire un traitement basé sur l'administration régulière à doses croissantes d'un allergène. Selon une mise en œuvre particulière, la molécule selon l'invention n'est pas utilisée en combinaison avec un agoniste d'un récepteur de glucocorticoïde.

Les molécules ou sels selon l'invention peuvent être administrées par n'importe quelle voie d'administration, en particulier par les voies orale, sublinguale, nasale, oculaire, locale, intraveineuse, intrapéritonéale, sous-cutanée, par aérosol ou par inhalation. Les molécules ou sels selon l'invention peuvent notamment être administrées à des patients humains adultes, enfants ou nouveau-nés. Les molécules ou sels selon l'invention peuvent également être administrées à des patients animaux, en particulier à des mammifères tels que le chien, le chat, le rat, la souris.

En particulier, les molécules ou sels selon l'invention sont administrées à un patient humain à des doses qui sont déterminées notamment en fonction de la pathologie du patient, de ses antécédents et de son âge, par exemple des doses comprises entre 0,1 mg/kg et 200mg/kg.

La présente invention a également pour objet une méthode thérapeutique pour le traitement ou la prévention d'une pathologie dépendante d'une voie métabolique impliquant Syk chez un patient humain ou animal comprenant l'administration d'une molécule selon l'invention au patient à des doses, intervalles et durées déterminées notamment en fonction de la pathologie du patient, de ses antécédents et de son âge. Selon une mise en œuvre particulièrement préférée, les molécules selon l'invention sont choisies parmi l'ensemble de molécules constitué par C-13, les molécules N°1 à 87 présentées dans le tableau N°1 et les molécules ayant l'une des formules (I), (II), (III) ou (IV) suivantes :

ou

R1 est un groupement aromatique substitué ou non, ou un hétérocycle substitué ou non comprenant au moins un atome S, O ou N ;

R2 est un groupement aromatique substitué ou non, un hétérocycle substitué ou non, une chaîne carbonée saturée ou non, comprenant un groupement aminé, une chaîne carbonée saturée ou non comprenant un groupement aromatique substitué ou non ou une chaîne carbonée saturée ou non comprenant un hétérocycle substitué ou non comprenant au moins un atome S, O ou N ;

R3 est un groupement phényle, 2-pyridinyle, 3-pyridinyle ou 4-pyridinyle, substitué ou non ;

ou n = 0 ou 1 ; n' = 0 ou 1 ;

R4 est une chaîne carbonée saturée ou non comprenant 1 à 5 atomes de carbone, substituée ou non par un groupement aromatique ;

R5 est un groupement aromatique substitué ou non ou un groupement aminé substitué ou non ; R6 est un atome d'hydrogène, un groupement alkoxy, un groupement alkyle ou un halogène ;

R7 est un atome d'hydrogène, un groupement alkoxy, un groupement alkyle ou un halogène ;

R8 est un atome d'hydrogène, un groupement alkoxy, un groupement alkyle ou un halogène ;

ou m = 0, 1 ou 2 ;

R9 est un atome d'hydrogène et R10 est un groupement phényle substitué ou non, ou R9 et R10 font partie d'un même hétérocycle substitué ou non, ou R9 et R10 font partie d'un même groupement aromatique substitué ou non;

R11 est un atome hydrogène, un groupement alkoxy ou un groupement alkyle ; R12 est un atome hydrogène, un groupement alkoxy ou un groupement alkyle ; R13 est un atome hydrogène ou un groupement alkyle ou alkoxy; R14 est un atome hydrogène ou un groupement alkyle ou alkoxy ; ou

A est un atome d'oxygène ou de Soufre ;

R15 est une chaîne carbonée saturée ou non comprenant 1, 2 ou 3 atomes de carbone, substituée ou non par un groupement aromatique substitué ou non, par un hétérocycle substitué ou non ou par un groupement aminé faisant partie d'un hétérocycle substitué ou non ;

R16 est un atome d'hydrogène, un halogène ou un groupement alkoxy ;

R17 est un atome d'hydrogène, un groupement alkoxy ou un groupement acétoxy.

Selon une mise en oeuvre particulière, le groupement R1 des molécules de formule (I) est choisi parmi les groupements suivants : o un groupement phényle non substitué ou substitué par un atome F ou Cl, par un groupement méthyle ou éthyle, par un groupement N,N-diméthyl-sulfonamide ou par deux groupements choisis parmi les groupements méthyle, éthyle, hydroxy, méthox et éthox

o un groupement furane non substitué ou substitué par un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy, o un groupement thiophène non substitué ou substitué par un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy; le groupement R2 des molécules de formules (I) est choisi parmi les groupements suivants : o un groupement où R21 et R22 sont des atomes de carbone faisant chacun partie d'une chaîne alkyle comprenant 1 , 2 ou 3 atomes de carbone, ou bien faisant tous deux partie avec l'atome d'azote auquel ils sont liés d'un même hétérocycle saturé ou non comprenant également un atome d'oxygène ou un second atome d'azote, ou un groupement où R23 et R24 sont des atomes de carbone faisant chacun partie d'une chaîne alkyle comprenant 1, 2 ou 3 atomes de carbone, ou bien faisant tous deux partie avec l'atome d'azote auquel ils sont liés d'un même hétérocycle saturé ou non comprenant également un atome d'oxygène ou un second atome d'azote,

et le groupement R3 des molécules de formules (I) est choisi parmi les groupements suivants o un groupement 2-pyridinyle, 3-pyridinyle ou 4-pyridinyle non substitué, o un groupement phényle non substitué ou substitué par un groupement benzoxy, et/ou par un groupement hydroxy, et/ou par un groupement méthyle, et/ou par un groupement éthyle, et/ou par un groupement propyle, et/ou par un ou deux atomes Br, F ou Cl, et/ou par un à trois groupements hydroxy, méthoxy ou éthoxy. Selon une mise en œuvre particulière, lorsque le groupement R3 des molécules de formule (I) est un groupement phényle, le groupement R2 des molécules de formule (I) n'est pas un groupement aromatique ou un hétérocycle.

Selon une autre mise en oeuvre particulière, le groupement R4 des molécules de formule (II) est une chaîne carbonée saturée ou insaturée comprenant 1 , 2 ou 3 atomes de carbone ; le groupement R5 est un groupement phényle ou un groupement aminé secondaire substitué par un groupement phényle substitué ou non, ou par un groupement

le groupement R6 des molécules de formule (II) est un atome d'hydrogène ou de chlore ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy ; le groupement R7 des molécules de formule (II) est un atome d'hydrogène ou de chlore ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy ; et le groupement R8 des molécules de formule (II) est un atome d'hydrogène ou de chlore ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy.

Selon une autre mise en oeuvre particulière, le groupement R9 des molécules de formule (III) est un atome d'hydrogène et le groupement R10 est un groupement phényle substitué ou non, ou les groupements R9 et R10 font partie d'un même hétérocycle substitué ou non comprenant 2 atomes d'azote et 4 atomes de carbone ; le groupement R11 des molécules de formule (III) est un atome hydrogène ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy ; le groupement R12 des molécules de formule (III) est un atome hydrogène ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy; le groupement R13 des molécules de formule (III) est un atome hydrogène ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy ; et le groupement R14 des molécules de formule (III) est un atome hydrogène ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy. Selon une autre mise en oeuvre particulière, le groupement R15 des molécules de formule (IV) est un groupement Λ ou

le groupement R16 des molécules de formule (IV) est un atome d'hydrogène ou de chlore ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy et le groupement R17 des molécules de formule (IV) est un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy, éthoxy, acétoxy, méthoxycarbonyle ou éthoxycarbonyle. Selon une mise en œuvre particulière, la molécule selon l'invention n'est pas

ou Ph OU , ou bien s'il s'agit d'une de ces molécules, elle n'est pas utilisée en combinaison avec un agoniste d'un récepteur de glucocorticoïde.

Par chaîne carbonée, on entend une chaîne organique ayant pour squelette un enchaînement linéaire ou cyclique, ramifié ou non, d'atomes de carbone contigus, reliés par des liaisons covalentes. Une chaîne carbonée au sens de la présente invention peut par exemple être un enchaînement linéaire d'un à vingt, de préférence de 1 à 12, de 1 à 10, de 1 à 6, de 1 à 5 ou de 1 à 4 atomes de carbone. Il peut notamment s'agir d'un groupement alkyle, c'est-à-dire dérivé d'un alcane (molécule hydrocarbonée saturée linéaire ou ramifiée) par perte d'un atome d'hydrogène, par exemple un groupement méthyle, un groupement éthyle, un groupement propyle linéaire ou ramifié ou un groupement butyle linéaire ou ramifié ou d'une chaîne hydrocarbonée insaturée linéaire ou ramifiée, par exemple un groupement éthényle ou éthynyle. Il est entendu que les électrons de la couche externe (au nombre de 4) de chaque atome de carbone formant le squelette de la chaîne carbonée ne participant pas à une liaison covalente avec un autre atome de carbone ou avec un hétéroatome, participent à une liaison covalente avec un atome d'hydrogène. Par hétéroatome, on entend un atome différent du carbone ou de l'hydrogène et non métallique, par exemple l'oxygène, l'azote, le soufre, le phosphore ou les halogènes.

Par groupement aromatique ou aryle, on entend un système cyclique insaturé respectant la règle d'aromaticité de Hϋckel. Il peut s'agir par exemple d'un groupement phényle (groupement dérivé d'un noyau benzénique). Par hétérocycle on entend un système cyclique dans lequel un ou plusieurs atomes de carbone sont remplacés par un hétéroatome comme par exemple l'oxygène, l'azote ou le soufre. Il peut notamment s'agir hétérocycles aromatiques, tels que le pyrrole, le thiophène, le furane et la pyridine ou d'hétérocycles saturés, tels que les sucres, ou oses. Un hétérocycle selon l'invention comprend par exemple 2 à 8 atomes de carbone et 1 à 4 hétéroatomes, de préférence il comprend 2, 3, 4 ou 5 atomes de carbone et 1, 2, 3 ou 4 hétéroatomes.

Chaque atome faisant partie d'une chaîne carbonée, d'un groupement aromatique, d'un cycle ou d'un hétérocycle au sens de la présente invention peut être substitué par le biais d'une liaison covalente par un ou plusieurs halogènes, par exemple le Fluor, le Chlore, l'Iode ou le Brome, et/ou par un ou plusieurs groupements organiques, par exemple un ou plusieurs groupements aromatiques (tel qu'un groupement phényle), cycliques, hétérocycliques (tel qu'un groupement furane ou thiophène), alkyles (tel qu'un groupement méthyle, un groupement éthyle, un groupement propyle linéaire ou ramifié ou un groupement butyle linéaire ou ramifié), alkoxy (tel qu'un groupement méthoxy (OCH3) ou éthoxy (OCH2CH3)), carboxyle (tel qu'un groupement carboxy (COOH)), carbonyle (tel qu'un groupement acétoxy (OCOCH3) ou méthoxycarbonyle (COOCH3) ou éthoxycarbonyle (COOCH2CH3)), aminés primaires, secondaires ou tertiaires, amide (tel qu'un groupement acétamide) ou sulfonamide (tel qu'un groupement N,N-diméthyl- sulfonamide). Il est entendu qu'un cycle ou hétérocycle saturé, insaturé ou aromatique peut être fusionné avec un autre cycle, par exemple par l'intermédiaire d'une liaison simple ou double entre deux atomes de carbone.

La présente invention a également pour objet une composition pharmaceutique comprenant une molécule selon l'invention ainsi qu'un excipient acceptable sur le plan pharmacologique.

Selon une mise en œuvre la composition pharmaceutique selon l'invention comprend également une autre molécule thérapeutique. Il peut s'agir par exemple d'une molécule thérapeutique également utilisée pour la prévention ou le traitement d'une pathologie dépendante d'une voie métabolique impliquant Syk ou au contraire d'une molécule thérapeutique utilisée pour la prévention ou le traitement d'une pathologie non dépendante d'une voie métabolique impliquant Syk. Selon une mise en œuvre particulière, la composition pharmaceutique selon l'invention ne comprend pas un agoniste d'un récepteur de glucocorticoïde. Selon une autre mise en œuvre particulière, la composition pharmaceutique selon l'invention peut être utilisée en combinaison avec une ou plusieurs autres compositions pharmaceutiques. Il peut s'agir par exemple de compositions pharmaceutiques également utilisées pour la prévention ou le traitement d'une pathologie dépendante d'une voie métabolique impliquant Syk ou au contraire de compositions pharmaceutiques utilisées pour la prévention ou le traitement d'une pathologie non dépendante d'une voie métabolique impliquant Syk. Selon cette mise en œuvre, la composition pharmaceutique selon l'invention et la ou les autres compositions pharmaceutiques peuvent être administrée simultanément ou en alternance, par la même voie d'administration ou par des voies différentes. Selon une mise en œuvre particulière, la composition pharmaceutique selon l'invention n'est pas utilisée en combinaison avec un agoniste d'un récepteur de glucocorticoïde. La présente invention a également pour objet un procédé pour l'identification d'une molécule organique de poids moléculaire compris entre 50 et 2500 Dalton se liant à la protéine tyrosine kinase Syk et capable d'inhiber d'au moins 5 %, de préférence d'au moins 10%, par exemple d'au moins 15, 20, 25, 30, 35, 40, 45, 50, 55, 60, 65, 70, 75, 80 ou 85 % in vitro la liaison (i) du fragment d'anticorps G4G11 (SEQ ID N°2), ou (ii) du fragment d'anticorps G4E4 (SEQ ID N°3), ou (iii) d'un anticorps ou fragment d'anticorps se liant à la protéine tyrosine kinase Syk humaine au niveau d'un épitope comprenant au moins l'un des résidus 65 à 74 de la séquence en acides aminés de la protéine tyrosine kinase Syk humaine représentée par la séquence SEQ ID N°1 , ou (iv) d'un anticorps ou fragment d'anticorps se liant à la protéine tyrosine kinase Syk humaine et inhibant d'au moins 10% la liaison du fragment d'anticorps G4G11 ou G4E4 avec la protéine tyrosine kinase Syk humaine (SEQ ID N°1), à la protéine tyrosine kinase Syk humaine ou à l'une de ses variantes chez l'animal, comprenant au moins les étapes suivantes : a) le criblage à partir d'une banque de molécules organiques candidates de poids moléculaire compris entre 50 et 2500 Da de celles susceptibles de se lier à la protéine Syk au niveau de la poche tridimensionnelle de liaison sur la protéine Syk d'une molécule choisies parmi les molécules de formule C-13, I, II, III, IV ou 1 à 87 telles qu'illustrées ci- dessus ; b) la sélection parmi les molécules identifiées en a) de celles capables d'inhiber d'au moins 5%, de préférence d'au moins 10%, par exemple d'au moins 15, 20, 25, 30, 35, 40, 45, 50, 55, 60, 65, 70, 75, 80 ou 85 % in vitro la liaison de l'anticorps ou fragment d'anticorps (i), (ii), (iii) ou (iv) à la protéine Syk. Selon une mise en œuvre particulièrement préférée, la molécule de l'étape a) choisies parmi les molécules de formule C-13, I, II, III, IV ou 1 à 87 est la molécule C-13, la molécule (59) ou la molécule (61).

Selon une mise en œuvre préférée, le procédé selon l'invention comprend une étape supplémentaire préalable à l'étape a) d'identification de la poche tridimensionnelle de liaison sur la protéine Syk de la molécule choisies parmi les molécules de formule C-13, I, II, III, IV ou 1 à 87. Cette étape préalable peut notamment être réalisée par un « docking in silico ».

Par « docking in silico » ou « amarrage moléculaire » ou « docking virtuel », on entend le recours à un outil de bioinformatique pour prédire et modéliser le positionnement d'un ligand au sein d'une macromolécule. En particulier, les outils de Docking in silico permettent de calculer la probabilité qu'un composé chimique donné puisse s'amarrer avec une protéine active cible, par exemple au niveau d'une poche de liaison tridimensionnelle préalablement identifiée.

Selon une mise en œuvre préférée, le procédé selon l'invention comprend une étape supplémentaire c) de sélection parmi les molécules identifiées en b) de celles capables d'inhiber de 50% in vitro la dégranulation des mastocytes à une concentration (CI50) comprise entre 1ng/ml et 1mg/ml, par exemple à une concentration comprise entre 1 ng/ml et 500 μg/ml, entre 1 ng/ml et 250 μg/ml, entre 1 ng/ml et 100 μg/ml, entre 1 ng/ml et 50 μg/ml, entre 1 ng/ml et 10 μg/ml, entre 1 ng/ml et 5 μg/ml ou entre 1 ng/ml et 2 μg/ml.

Selon une mise en œuvre particulièrement préférée des utilisations et procédés décrits ci-dessus, la molécule selon l'invention est choisie parmi le groupe constitué par la molécule C-13 et les molécules N°1 à 87 présentées dans le tableau 1.

Ces molécules ont été identifiées par les inventeurs dans le cadre d'un projet faisant suite à une

7 précédente étude (Dauvillier et al., 2002 ), au cours de laquelle ils ont exprimé des fragments d'anticorps scFv (« single chain variable domain ») (ou « anticorps intracellulaires » ou « intracorps »), G4G11 (SEQ ID N" 2) et G4E4 (SEQ ID N° 3) dans une lignée mastocytaire. Cette étude a démontré les effets inhibiteurs de ces « anticorps intracellulaires » ou « intracorps » sur la libération de médiateurs allergiques induite par la stimulation du FcεRI au niveau de la membrane des mastocytes. Les fragments d'anticorps scFv G4G11 et G4E4 ont été isolés à partir d'une banque combinatoire criblée contre une protéine recombinante contenant les domaines SH2 de Syk et la région inter-domaine A qui les sépare, c'est-à-dire une portion de la protéine Syk ne

8 comprenant pas le domaine kinase de Syk .

Le procédé ADA (« antibody displacement assay ») est un procédé développé par les inventeurs et décrit dans WO2005106481 , qui permet notamment l'identification d'un ligand capable de moduler sélectivement une cascade fonctionnelle impliquant une cible, comprenant une première étape d'identification d'un anticorps intracellulaire capable de se lier à la cible et de moduler la cascade fonctionnelle en question, une seconde étape de criblage à partir d'une banque de petites molécules organiques, des ligands modulateurs de la liaison entre la cible et l'anticorps intracellulaire pouvant être effectuée in vitro dans un essai extracellulaire, et une troisième étape d'identification à partir des ligands modulateurs obtenus à l'étape 2, de ceux capables de moduler la cascade fonctionnelle dans la cellule.

Les inventeurs ont émis l'hypothèse selon laquelle les fragments d'anticorps G4G11 et G4E4 se lient au niveau d'une région de Syk interagissant avec un ou des partenaires essentiels de la cascade fonctionnelle conduisant à la dégranulation. Prenant en considération les limites de l'utilisation d'anticorps intracellulaires en thérapie, telles que le transfert efficace du gène encodant

9 l'anticorps dans les cellules cibles , les inventeurs ont cherché à isoler des molécules organiques qui agissent comme des mimes fonctionnels de l'intracorps G4G11 et pouvant être utilisées plus aisément en thérapie. Pour ce faire, ils ont utilisé le procédé ADA pour cribler une banque de 3000 petites molécules organiques et identifier des inhibiteurs potentiels de la réponse allergique.

Parmi les 3000 petites molécules organiques testées, les inventeurs ont identifié la petite molécule C-13 (méthyl 2-{5-[(3-benzyW-oxo-2-thioxo-1,3-thiazolidin-5-ylidene)méthyl]-2-furyl}benzoate) et ont mis en évidence sa capacité de modulation de l'interaction du fragment d'anticorps G4G11 ou G4E4 avec Syk in vitro et d'inhibition de la dégranulation des mastocytes induite par FcεRI in vitro.

Les inventeurs ont notamment mis en évidence le fait que le composé C-13 inhibe le choc anaphylactique lorsqu'il est administré oralement et possède des propriétés anti-allergiques prometteuses, illustrant le fort potentiel thérapeutique de candidats médicaments isolés en utilisant l'approche décrite ici.

Les inventeurs ont également mis en évidence le fait que C-13 se lie à Syk au niveau d'une cavité nouvellement identifiée située entre les deux domaines SH2 et l'interdomaine A de Syk (Fig.1). La poche de liaison de C-13 forme une zone d'interaction unique qui est spécifique à Syk, et ne correspond pas à un site de liaison connu de ligands physiologiques de Syk tels que le peptide ITAM doublement phosphorylé au niveau de résidus tyrosine (Fig. 1A). Les résultats obtenus suggèrent que C-13 inhibe l'interaction de Syk avec certains de ses substrats macromoléculaires, soit directement de part le fait que C-13 occupe une surface au niveau de laquelle un partenaire de Syk pourrait établir un contact direct, et/ou par un effet allostérique.

Les études biochimiques réalisées sur des mastocytes ont en effet montré que C-13 inhibe la phosphorylation FcεRI-dépendante du substrat SLP-76 au niveau de résidus tyrosine qui contribue à sa fonction d'adaptateur pour la liaison et/ou la stabilisation de Btk, PLC-γ et Vav au complexe de

22, 28-30 signalisation macromoléculaire formé avec LAT (Fig.2). Ceci affecte la phosphorylation et l'activité catalytique de Btk et le renouvellement de PLC-γ à proximité de Syk et/ou Btk pour sa

31- phosphorylation complète qui est requise pour le maintient du flux de calcium et de l'exocytose

35 . En effet, C-13 a inhibé les réponses mastocytaires précoce (libération de β-hexosaminidase) et tardive (sécrétion de TNF-α) induites par l'aggrégation au niveau des récepteurs FcεRI avec une CI50 estimée à 2 μM (Fig. 3).

De façon importante, l'administration orale d'une dose unique de C-13 a inhibé l'anaphylaxie passive systémique (PSA) induite par IgE avec une CI50 estimée à 110 mg/kg (Fig. 4), confirmant les propriété anti-allergiques prometteuses de ce composé. En revanche, une administration orale unique de 100 mg/kg de C-13 n'a pas affecté le recrutement Syk-dépendant des neutrophiles induit par le thioglycolatte dans la cavité péritonéale en présence de la toxine de Bordetella pertussis (Fig. 5A). De plus, les inventeurs ont montré que malgré le fait que la prolifération in vitro BCR- dépendante des lymphocytes B était inhibée de façon dose-dépendante par C-13 (Fig. 5B), les réponses anticorps de souris immunisées avec un antigène thymo-dépendant n'ont pas été affectées par l'administration orale de 150mg/kg de C-13 (Fig. 5C). Par conséquent, la molécule C- 13 n'affecte pas certaines réponses dépendantes de Syk mais non dépendantes des mastocytes in vivo à des doses et durées d'administration auxquelles elle peut inhiber une réponse allergique sévère. Prenant en considération l'absence d'effet toxique apparent suivant l'administration orale ou locale de C-13 sur une période allant d'une heure à 12 jours, C-13 peut être considéré comme le potentiel premier membre d'une nouvelle famille d'inhibiteurs de Syk pouvant être administrés oralement et de molécules pharmacologiquement actives ayant un effet anti-inflammatoire. L'approche de criblage de molécules pharmaceutiques décrite ici constitue une plateforme générique dans laquelle l'utilisation initiale d'anticorps permet de mettre en évidence les domaines de la molécule cible ayant un potentiel thérapeutique, facilitant ainsi la conception de molécules chimiques (à travers un criblage in silico et/ou in vitro) capable d'agir en tant que mimes fonctionnels de l'anticorps, et en tant qu'inhibiteurs potentiels d'interactions protéines-protéines. De plus, les inventeurs ont mis en évidence le fait que ces petites molécules peuvent induire la réponse souhaitée dans des modèles cellulaires et animaux, ceci venant en appui du concept en faveur du remplacement de larges macromolécules difficiles à administrer par des petites molécules organiques pouvant être administrées oralement. Le site probable de liaison à Syk a été prédit in silico, guidé par la localisation de l'épitope de G4G11. Une poche candidate située à côté de l'épitope de G4G11 , au niveau de l'interface située entre les deux domaines SH2 et le lieur inter-domaine de Syk et comprenant les résidus Ser 9, GIn 43, Phe 51 , He 66, Glu 67, Arg 68, Glu 69, Leu 70, Asn 71 , GIy 72, Thr 73, Tyr 74, AIa 75, Glu 121 et Glu 155 a ainsi été identifiée (Fig. 1 C). Des expériences de mutagenèse dirigée ont permis de confirmer que les résidus Arg 68, Glu 121 et Glu 155 de la protéine Syk humaine (SEQ ID N° 1) contribuent significativement à l'interaction avec C-13, la mutation de ces résidus supprimant l'inhibition causée par C-13, tandis que la liaison du scFv G4G11 est maintenue (Fig. 1A, 1C). Ces résultats tendent à confirmer l'hypothèse selon laquelle la cavité (ou poche) de liaison de C-13 sur Syk est localisée dans un voisinage proche du site de liaison de l'intracorps G4G11.

Les inventeurs ont ensuite effectué un « docking » virtuel sur une banque de molécules afin d'identifier des molécules candidates présentant les meilleures propriétés de liaison au niveau de cette poche tridimensionnelle, et ont testé la capacité de ces molécules candidates à inhiber la liaison du scFv G4G11 avec Syk. Ces molécules sont présentées dans le tableau 1 (voir exemple 2). La capacité de ces molécules à inhiber la dégranulation des mastocytes in vitro a également été testée. Avec les molécules N° 59 et 61 en particulier la concentration inhibant de 50% in vitro la dégranulation des mastocytes est de l'ordre de 5μM (voir figure 6).

Les résultats présentés dans la partie expérimentale et en particulier dans le tableau 1 mettent en évidence le fait que les molécules ou sels selon l'invention inhibent les réactions d'hypersensibilité de type I, et en particulier la dégranulation des mastocytes dépendante des IgE, et sont aussi capables d'interférer in vivo avec l'anaphylaxie passive cutanée et systémique chez des souris BALB/c.

Brève description des figures Figure 1. Liaison de C-13 à Syk in vitro. A. Structure chimique de C-13. Structure 3D de la poche prédite et validée pour C-13 (ou « Compound 13 ») comprenant les résidus Ser 9, GIn 43, Phe 51, Arg 68, Glu 121 et Glu 155 (représentation mesh); l'épitope G4G11 comprend les résidus 65 à 74 de la protéine Syk humaine représentée par SEQ ID N°1. B. Liaison du fragment scFv G4G11 à Syk mesurée en utilisant la méthodologie ADA en présence de C-13 (m). Liaison de C-13 à Syk mesurée en utilisant la spectroscopie par fluorescence (o) (Kd = 4,8 ± 0.2 μM). C. Liaison de G4G11 aux mutants Syk avec la méthodologie ADA. Inhibition significative avec C-13 versus DMF : **P<.01.

Figure 2. C-13 inhibe l'activation de mastocytes induite par FcεRI. A. Les immunoblots réalisées sur des lysats de cellules RBL-2H3 ont été analysées par des immunoblots avec les anticorps indiqués. Les activités kinase in vitro des immunoblots Syk, Btk et Lyn ont été examinées. B. Les lysats de cellules RBL-2H3 et C. BMMCs ont été soumis à une électrophorèse et les protéines ont été analysées par immunoblot. Ces données sont représentatives d'au moins deux expériences.

Figure 3. C-13 inhibe la libération de calcium et la dégranulation FcεRI-dépendantes. A. Analyse par FACS du flux de calcium IgE-dépendant dans des cellules RBL-2H3. B. Libération de β- hexosaminidase dans des cellules RBL-2H3 sensibilisées par IgE/DNP. C. Libération de β- hexosaminidase et, D. titration de TNF-α dans des cellules BMMCs sensibilisées par IgE/DNP; C- 13: 3 μM. E. Analyse par FACS de l'expression de surface de FcεRI dans des cellules RBL-2H3. (0=0,25% DMF). Inhibition significative avec C-13 versus DMF : **P<.01 et *P< 05.

Figure 4. Etudes in vivo chez des souris BALB/c. A-C. Réponse PSA. A. Evolution de la température, B. quantification de l'extravasation de bleu d'Evans, C Photographie représentant l'extravasation du bleu d'Evans suivant une administration orale de 130 mg/kg de C-13, d'un composé non pertinent (IR) ou du vecteur (T) ; Animal non traité (NT). Les oreilles et la queue des souris ayant reçu le composé non pertinent (IR) ou le vecteur seul (T) ont pris une coloration bleue prononcée, celles des souris traitées avec C-13 ont pris une légère coloration bleue et celles des souris non traitées sont de couleur normales D. Réponse PCA : quantification de l'extravasation du bleu d'Evans. Inhibition significative avec C-13 versus un composé non pertinent : **P < .01 ; versus le véhicule +DNP-KLH : *P < .05.

Figure 5. Effets in vivo et in vitro de C-13 sur les neutrophiles et les lymphocytes B. A. Recrutement de neutrophiles dans la cavité péritonéale après injection de thioglycollate ou du véhicule en présence de la toxine Bordetella Pertussis (lorsqu'indiqué) (n=4). B. Prolifération in vitro de lymphocytes B induite par anti-IgM. C. Concentration du sérum en immunoglobulines 12 jours après immunisation par TNP-KLH (n=4).

Figure 6. Effet des molécules N°59 (réf. Chembridge 7501888) et 61 (réf. Chembridge 7722851) sur la dégranulation des cellules RBL-2H3. Le niveau de libération de la β-hexosaminidase dans des cellules RBL-2H3 sensibilisées par IgE/DNP a été mesurée en présence A. de la molécule N°59 et B. de la Molécule N°61 à des concentrations allant de 0 à 40 μM.

Figure 7. Séquences en acides aminés des intracorps scFv A. G4G11 (SEQ ID N° 2) et B. G4E4 (SEQ ID Λ/° 3).

Figure 8. Séquence en acides aminés de la protéine Syk A. humaine (SEQ ID N° 1) correspondant au n° accession NP_003168 (NCBI) et B. murine correspondant au numéro d'accession NPJ335648 (NCBI). Les résidus identifiés comme faisant partie de la poche tridimensionnelle de liaison de C-13 sur la protéine Syk humaine (A) et leurs équivalents sur la protéine Syk murine (B) sont indiqué en gras et soulignés.

Figure 9. Représentation schématique des voies métaboliques impliquant la protéine tyrosine kinase Syk au niveau des mastocytes. Figure 10. Test de toxicité de C-13 sur les cellules BMMC. Les cellules BMMC ont été incubées à 37°C en présence de 2.5 μM ou 5 μM de C-13, de DMF à 0.25% ou de Staurosporine. Les pourcentages de cellules BMMC vivantes après 3 heures et après 5jours ont été mis en évidence par un double marquage à l'Annexine-V et lodure de Propidium. La viabilité des cellules BMMC incubées en présence de 2.5 μM ou 5 μM de C-13 ou de DMF à 0.25% n'a pas été affectée de façon notoire après 3 heures (78%, 74% et 79% respectivement) ou cinq jours (62, 56 et 57%, respectivement). En revanche, la viabilité des cellules of BMMC traitées dans les mêmes conditions avec la Staurosporine était réduite à un niveau de 16% après seulement 3 heures.

Exemples

Exemple 1 - Identification de la molécule C-13 pouvant potentiellement être administrée oralement pour prévenir le choc anaphylactique.

1) Identification du composé 13 (C-13) et de sa cavité de liaison sur Syk

Les inventeurs ont développé la méthodologie ADA (Antigen Displacement Assay) pour identifier des petites molécules capables de déplacer l'association du scFv G4G11 avec Syk. Parmi les membres d'une banque de 3000 molécules chimiques, 15 petites molécules se sont montrées capables de rentrer en compétition avec la liaison du scFv G4G11 à Syk, et parmi ces composés, celui dénommé ci-après C-13 (Fig. 1A) fit preuve du meilleur potentiel d'inhibition avec une CI50 estimée à 4 μM (Fig. 1B). Ce résultat est en accord avec la valeur de la constante de dissociation (ou Kd) égale à 4,8 μM obtenue par la mesure par spectroscopie par fluorescence (ou spectrofluorométhe) de l'affinité in vitro de C-13 pour Syk (Fig. 1 B). Pour comprendre le mécanisme d'action de C-13, les inventeurs ont dans un premier temps identifié le site de liaison

16 de G4G11 en utilisant la méthode SPOT . Un épitope localisé au niveau du domaine SH2 N- terminal de Syk, comprenant les acides aminés 65-74 et conservé à 100% dans les séquences de souris, de rat et humaines, a été identifié.

Sur la base de ces informations et de la structure 3D connue du complexe peptidique formé par les

17 domaines SH2 de Syk et les motifs ITAM , les inventeurs ont utilisé des approches informatiques pour chercher un site de liaison putatif pour C-13. Une poche candidate comprenant les résidus Ser 9, GIn 43, Phe 51 , Ile 66, Glu 67, Arg 68, Glu 69, Leu 70, Asn 71 , GIy 72, Thr 73, Tyr 74, AIa 75, Glu 121 et Glu 155 de la protéine Syk humaine (voir Figure 8A, SEQ ID N°1) et située à proximité de l'épitope de G4G11 a été identifiée (Fig. 1C). Une analyse structurelle a indiqué que les résidus Ser 9, GIn 43, Phe 51 , Arg 68, Glu 121 et Glu 155 pourraient être impliqués dans la liaison du ligand, et pouvaient être mutés sans nuire à la structure 3D de la protéine. Pour valider plus avant la poche, ces six acides aminés ont été individuellement mutés et les mutants Syk ont été soumis à l'essai ADA. Les résidus Arg 68, Glu 121 et Glu 155 se sont montrés comme contribuant significativement à l'interaction avec la petite molécule, étant donné que leur mutation abrogeait l'inhibition causée par C-13, tandis que la liaison du scFv G4G11 était maintenue (Fig. 1C). Ces données ont confirmé le fait que la cavité de liaison de C-13 sur Syk est localisée dans un voisinage proche du site de liaison de G4G11.

S 2) Activation des mastocytes induite par FcεRI

Afin d'examiner les similarités fonctionnelles avec G4G11, les inventeurs ont exploré les effets biologiques de C-13 sur l'activation des mastocytes. L'incubation de cellules RBL-2H3 avec C-13 n'a pas affecté la phosphorylation et l'activité kinase induite par FcεRI de Syk (Fig. 2A) et, en conséquence, le niveau global de phosphorylation tyrosine de l'ensemble des protéines cellulaires0 connues comme étant principalement dépendantes de Syk était normal (Fig. 2B, C). Similairement à l'intracorps G4G11, C-13 a inhibé la phosphorylation et l'activité kinase induite par FcεRI de Btk (Fig. 2A) et la phosphorylation de PLC-γ1 et PLC-γ2, les deux isoformes de PLC-γ exprimés dans les mastocytes (Fig. 2A, C). La PTK Lyn phosphoryle à la fois Syk et Btk menant à leur activation

18 complète et à la phosphorylation subséquente de PLC-γ . Etant donné que C-13 n'a pas affecté5 l'activation de Lyn FcεRI-dépendante (Fig. 2A), il peut être conclut que la réduction du niveau de phosphorylation de Btk et PLC-γ pourrait être due à un défaut par rapport à leur localisation correcte au voisinage des PTK amont.

3) Analyse des cascades de signalisation dépendantes de Fyn et Lyn

Dans les mastocytes, la cascade de signalisation Fyn/Gab2/PI3K conduit à l'activation de PI3K et à0 la génération de PI-3,4,5-P3 qui recrute un certain nombre de protéines contenant un domaine

19 d'homologie de la pleckstrine (PH), incluant Btk et PLC-γ au niveau de la membrane plasmique . L'analyse de la phosphorylation d'Akt, un marqueur de l'activité PI3K, a indiqué que C-13 n'affectait pas la cascade dépendante de Fyn (Fig. 2B, C), suggérant que le niveau de phosphorylation réduit de Btk et PLC-γ n'était pas du à un défaut au niveau de leur localisation

205 membranaire, connue comme étant un facteur essentiel pour l'augmentation des flux de calcium .

Le recrutement de Btk et PLC-γ au niveau de la membrane requiert également la cascade de signalisation canonique Lyn/Syk/LAT/SLP-76. La phosphorylation de LAT par Syk conduit à la

21 translocation de SLP-76 vers le complexe organisé par LAT , où SLP-76 se co-localise avec Syk

22 23

. Cette localisation permet à Syk de phosphoryler des tyrosines N-terminales de SLP-76 qui deviennent des sites de liaison pour Vav, Nck et Btk. LAT et SLP-76 (au travers de son domaine riche en proline recrutant PLC-γ) coopèrent pour localiser PLC-γ au niveau de ce complexe

24 25 membranaire, permettant la phosphorylation et l'activation de PLC-γ par Btk et/ou Syk . L'utilisation d'anticorps phospho-spécifiques a montré que C-13 inhibe la phosphorylation de SLP- 76, mais accroît la phosphorylation de LAT de manière dose-dépendante (Fig. 2A). Les inventeurs ont émis l'hypothèse selon laquelle l'inhibition de la phosphorylation de SLP-76 pourrait permette à une plus grande quantité de LAT d' interagir avec Syk, causant ainsi une augmentation de son niveau de phosphorylation. Ces résultats démontrent que la réduction de la phosphorylation de SLP-76 n'était pas due à un défaut au niveau de son recrutement vers LAT, et a résulté en un défaut de la co-localisation de Btk et dans une moindre mesure de celle de Vav avec SLP-76 (Fig. 2A). Néanmoins, la phosphorylation de Vav connu comme étant indépendante de son recrutement

26 vers SLP-76 n'a pas été inhibée (Fig. 2A).

4) Activation de MAPK

L'association de SLP-76 avec Vav et/ou Nck contribue à une activation optimale des MAP kinases

27 dans les mastocytes . Les inventeurs ont mis en évidence le fait que C-13 affecte légèrement l'activation des MAP kinases (évaluée au travers de leur niveau de phosphorylation) : une forte concentration de C-13 diminue le niveau de phosphorylation de ERK1/2, tandis que les niveaux de phosphorylation de p38 et JNK restent normaux (Fig. 2B, C).

5) Flux de calcium et dégranulation La liaison de Btk et Vav à SLP-76 est critique pour la régulation de l'activité de PLC-γ au niveau de

27, 28 la membrane, la mobilisation du calcium et l'exocytose des granules . Les inventeurs ont mis en évidence le fait que l'association de PLC-γ avec LAT était inhibée par C-13 de façon dose- dépendante (Fig. 2A). De façon cohérente avec le défaut au niveau de la phosphorylation de PLC- γ1 et PLC-γ2, les mastocytes ont montré une amplitude du flux de calcium réduite en réponse à la liaison de FcεRI (Fig. 3A), et les réponses allergiques précoce et tardive induite par FcεRI dans des cellules BMMC (« bone marrow derived mast cell ») et dans la lignées cellulaire RBL-2H3 sont également affaiblies de façon dose-dépendante, basée sur la mesure de la libération de β- hexosaminidase et la sécrétion de TNF-α (Fig. 3B, C, D). Les résultats ont également montré que C-13 n'a pas d'effet toxique sur les mastocytes. En effet, ni la dégranulation induite par ionomycine (fig. 3B), ni la viabilité des cellules BMMC (voir figure 10) n'ont été affectées de façon détectable par le traitement avec C-13. De plus, les défauts observés au niveau de l'activation des mastocytes ne sont pas dus à un niveau réduit d'expression de surface de FcεRI, l'analyse par cytométrie de flux ayant indiqué que les cellules incubées avec C-13 expriment des niveaux de FcεRI similaires à ceux des cellules contrôles (Fig. 3E). 6) Anaphylaxie passive systémique (PSA) et cutanée (PCA)

Pour finir, pour étendre ces observations sur les fonctions des mastocytes in vivo, les inventeurs ont testé les effets de C-13 sur l'anaphylaxie passive systémique (PSA) et cutanée (PCA) induite chez des souris BALB/c par l'administration de molécules IgE DNP-spécifiques suivi d'une stimulation intraveineuse avec l'haptène DNP-KLH. Cela mime l'anaphylaxie systémique comme démontré par les changements immédiats au niveau cardio-pulmonaire et l'augmentation de la perméabilité vasculaire. L'intensité de l'anaphylaxie systémique a été déterminée par la mesure à la fois de la baisse de la température corporelle et de l'augmentation de la perméabilité vasculaire suivant l'administration de l'antigène. Après l'administration orale de C-13 (et avant la stimulation avec l'antigène), les animaux sont apparus sains avec aucun signe manifeste de toxicité. L'administration d'une dose orale unique de 100 mg/kg de C-13 a inhibé l'hypothermie et accéléré le rétablissement des animaux (Fig. 4A). A partir de la quantification de l'extravasation du bleu d'Evans, il a été déterminé que C-13 inhibe l'augmentation de la perméabilité vasculaire avec une CI5O estimée à 110 mg/kg (Fig. 4B et 4C). C-13 a également montré un effet inhibiteur sur la PCA avec une CI50 estimée à 25 μM (Fig. 4D).

Exemple 2 - Identification à partir de la poche de liaison de C-13 d'autres inhibiteurs potentiels de la déqranulation des mastocvtes.

En partant de la poche de liaison identifiée dans l'exemple 1-1), un crible par « docking » virtuel a été conduit sur un ensemble de 350000 molécules présentes dans la chimiothèque de ChemBridge Corporation (San Diego, USA) afin d'identifier les 1000 molécules présentant les meilleures propriétés de liaison dans cette poche.

Le procédé ADA a ensuite été appliqué à chacune de ces 1000 molécules pour mesurer leur capacité d'inhibition de la liaison du scFv G4G11 avec Syk. Les 87 molécules présentant le meilleur taux d'inhibition (entre 11 et 86,5 %) sont présentées dans le tableau 1. Ces 87 molécules ont également été testées in vitro pour évaluer leur capacité à inhiber la dégranulation de cellules RBL-2H3 (voir tableau 1). Les deux molécules présentant le meilleur potentiel (molécules N0 59 et 61) ont été testées à différentes concentrations sur des cellules RBL- 2H3 afin d'évaluer plus finement la concentration inhibant de 50% in vitro la dégranulation (voir figure 6). Enfin, l'affinité in vitro de la molécule C-13 et de certaines des 87 molécules mentionnées ci- dessus pour la protéine Syk a été mesurée par spectroscopie de fluorescence (ou spectrofluorométrie) et est exprimée par la constante de dissociation (ou Kd) en μmole/litre (μM).

Tableau 1 : C-13 et les 87 molécules identifiées à partir de C-13 et du fragment d'anticorps G4G11

Ref CB : Référence ChemBridge ; - Rang : rang de chaque molécule sur la liste des 1000 meilleures molécules après docking in silico ;

Inhib. In vit. : % moyen d'inhibition obtenu avec chaque molécule pour le déplacement de la liaison du scFv G4G11 avec Syk in vitro dans le procédé ADA;

CI50 dégran. : concentration inhibant de 50% la dégranulation des mastocytes ; - Kd : constante de dissociation vis-à-vis de Syk mesurée in vitro par spectrofluorométrie

N" : numéro attribué par les inventeurs ;

Gp : groupes auxquels appartiennent les molécules. Exemple 3 - Matériels et méthodes.

1) Produits chimiques et anticorps. Une banque chimique de 3000 molécules (un sous- ensemble varié) a été acquise auprès de ChemBridge, Inc. (San Diego, CA). Des stocks de solutions de petites molécules ont été préparés à raison de 10 mM dans du DMSO (diméthylsulfoxyde), sauf pour C-13 (méthyl 2-{5-[(3-benzyl-4-oxo-2-thioxo-1 ,3-thiazolidin-5- ylidène)méthyl]-2-furyl}benzoate, ChemBridge numéro ID 6197026) préparé dans du DMF (diméthylformamide). Sauf indication contraire, tous les réactifs proviennent de Sigma. L'haptène dinitrophényl (DNP) a été acquis auprès de Calbiochem. La Sépharose GammaBind G et tous les anticorps secondaires proviennent de GE Health Amersham Biosciences. Les anticorps anti-Syk, anti-Lyn, anti-Btk, anti-PLC-γ1, anti-PLC-γ2, anti-LAT, anti-SLP-76, anti-p38, anti-JNK, anti-Vav, anti-Akt1 et 9E10 conjugé à HRP ont été acquis auprès de Santa Cruz Biotechnology. Les anticorps anti-phospho-p44/42 MAP Kinase, anti-p44/42 MAP Kinase, anti-phospho-p38, anti- phospho-JNK, anti-phospho-Akt1 ont été acquis auprès de CeII Signaling. Les anticorps anti- phospho-LAT et anti-phospho-PLC-γ1 proviennent de Biosource et les anticorps anti-phospho- SLP-76 de BD Pharmingen. L'anticorps monoclonal 4G10 anti-phosphotyrosine a été acquis auprès de Upstate Biotechnology.

2) Procédé ADA : test de criblage de molécules à haut débit de type ELISA, basé sur le déplacement d'un anticorps (WO 2005106481). La protéine de fusion GST:Syk 6-242

8 recombinante comprenant les résidus 6 à 242 de la protéine tyrosine kinase Syk murine illustrée à la figure 8B (SEQ ID N°4) a été immobilisée sur une plaque ELISA à une concentration finale de

-1

10 μg ml . Pour le criblage de la banque de molécules chimiques, les petites molécules, diluées dans du PBS à une concentration finale de 10 μM ont été ajoutées dans les puits pendant une heure à température ambiante, avant ajout du fragment scFv G4G11 à une concentration finale de 100 nM pour une heure supplémentaire. La liaison de G4G11 à Syk a été évaluée en ajoutant l'anticorps monoclonal 9E10 conjugué à HRP qui détecte la séquence d'acides aminés EQKLISEEDLN de la protéine c-myc humaine localisée à l'extrémité C-terminale du fragment scFv. Pour générer des mutants de Syk, la mutagenèse dirigée a été utilisée sur la protéine GST:Syk 6- 242 et la liaison de G4G11 aux mutants a été évaluée en présence de 5 μM de C-13.

3) Cellules, conditions de culture et essais fonctionnels. L'anticorps monoclonal IgE de souris 2682-I anti-DNP a été utilisée comme surnageant de culture des hybridomes contenant 1 μg/ml d'IgE. Des cellules de la moelle épinière fémorale ont été prélevées et cultivées dans un milieu Opti-MEM (Gibco) additionné de 10% de sérum foetal bovin et 4% de surnageant de transfectants X63 sécrétant l'IL-3 murine. Des cellules basophiles leucémiques de rat RBL-2H3 (ATCC) ont été maintenues en culture monocouche dans un milieu RPMI 1640 additionné de 10% de sérum foetal bovin (Gibco). Les mesures de la libération de β-hexosaminidase par les cellules RBL-2H3 ont été

7 effectuées comme précédemment décrit , à l'exception du fait qu'après 12-16 h d'incubation avec TIgE anti-DNP (0,5μg/ml), les cellules ont été incubées 90 min à 37°C dans du milieu RPMI additionné avec les concentrations indiquées de C-13 ou de DMF (0,25%). Les cellules ont été

-1 stimulées pendant 45 min avec du DNP-BSA (50 ng ml ) ou de l'ionomycine (1.5 μM). Les cellules BMMC ont été incubées pendant une heure à 37°C avec I1IgE anti-DNP (100ng/ml). Elles ont ensuite été incubées avec C-13 (3 μM) ou du DMF (0,3%) pendant 3 heures à 37°C, et stimulées avec des concentrations variées de DNP-BSA. Le niveau de libération de la β-hexosaminidase a été mesuré 10 min plus tard et la titration de TNF-α a été réalisée par un essai de cytotoxicité sur

10 des cellules L929 comme précédemment décrit , 3 heures après la stimulation. Les résultats illustrés sur la figure 3 sont représentatifs de trois expériences indépendantes.

4) Immunoprécipitations, essais kinase in vitro et immunodétection. Toutes les expériences

7 ont été réalisées tel que précédemment décrit , à l'exception du fait qu'avant la stimulation avec le

-1

DNP-BSA (50 ng ml , 3 min), les cellules RBL-2H3 ont été incubées pendant 90 min à 37°C dans du milieu RPMI additionné avec les concentrations indiquées de C-13 ou DMF. Les cellules ont été solubilisées dans du tampon de lyse modifié DOC (1% NP-40, 0.25% déoxycholate de sodium, 0.1 % SDS dans du tampon PBS additionné d'inhibiteurs de protéases et de phosphatases) et la concentration protéique a été déterminée (Essai Protéine BCA, PIERCE). Pour les immunoprécipitations, des lysats de cellules non stimulées et stimulées avec IgE/DNP ont été incubées avec des complexes préformés d'anticorps et de Sépharose GammaBind G, et I' activité kinase in vitro des immunoprécipitats Syk, Btk and Lyn ont a été examinée. Avant la séparation par gel SDS-PAGE, les lysats ou immunoprécipitats ont été préparés par l'addition de tampon d'échantillon SDS (60 mM Tris, pH 6.8, 2.3% SDS, 10% glycérol, 0.01% bleu de bromophénol). Les protéines ont été transférées sur une membrane de nitrocellulose (Schleicher & Schuell), et détectées par des anticorps appropriés et le système de chimioluminescence amélioré (ExactaCruz, Santa Cruz Biotechnology).

5) Analyse par cy tome trie de flux du niveau de mobilisation du calcium et de l'expression membranaire de FcεRI. La concentration intracellulaire en calcium libre a été déterminée en

6 chargeant au préalable 1x10 cellules avec 5 mM de Fluo-3 AM (Molecular Probes, Invitrogen) en présence de 0.2% de Pluronic F-127 pendant 30 min à température ambiante. Préalablement à la stimulation avec du DNP-BSA ou de l'ionomycine, les cellules ont été traitées pendant 90 min à 37°C dans un milieu RPMI additionné avec C-13 ou DMF (0,25%), et la concentration intracellulaire en calcium libre a été mesurée avec un cytomètre de flux (Beckton Dickinson). Pour l'évaluation de l'expression en surface de FcεRI, les cellules ont été incubées pendant 2 h à 37°C avec I1IgE anti-DNP. L'IgE lié à la membrane a été détectée en utilisant des Ig biotinylées antisouris, puis de la streptavidine conjuguée au Fitc.

6) Induction de l'anaphylaxie. Des souris femelles BALB/c (âgées de 6-8 semaines) ont été acquises auprès de Charles River et conservées à l'animalerie de l'IRCM dans des conditions sans germes pathogènes. Les protocoles pour l'anaphylaxie passive systémique (PSA) et l'anaphylaxie 11 passive cutanée (PCA) IgE-dépendantes ont été menés comme précédemment décrit Brièvement, les souris ont reçu par injection intraveineuse 100 μg d'IgE (SPE-7, Sigma) dans 200 μl de PBS pour la PSA, ou par injection intradermale 25 ng d'IgE 10 μl de PBS pour la PCA, et ont été stimulées 24h plus tard par injection intraveineuse de 1 mg de DNP-KLH dans 2% de bleu d'Evans. C-13, une molécule chimique non pertinente ou le véhicule ont été administrées 1 heure avant la stimulation, soit par voie orale (PSA) dans 200 μl de carboxyméthylcellulose à 1%, ou localement au niveau de l'oreille par injection intra-dermale(PCA) dans un mélange d'acétone/huile d'olive (4:1). Les animaux ont été sacrifiés 20 min après la stimulation. Les oreilles ont été prélevées, hachées et le bleu d'Evans a été extrait après incubation une nuit dans du formamide à 800C. Pour les mesures de températures dans la PSA, C-13 (100mg/kg) ou le véhicule ont été administrés oralement, 3 heures avant la stimulation réalisée en l'absence de bleu d'Evans. La température a été mesurée à l'aide d'un thermomètre électronique avec une sonde rectale (YSI, Yellow Springs, OH) avant la stimulation et durant 60 minutes après, avant le sacrifice. L'absorbance a été mesurée à 610 nm. Les expériences ont été réalisées avec 4-5 souris par condition. Les données illustrées dans la figure 4 sont représentatives de trois expériences différentes.

7) Etudes structurales. Les poches tridimensionnelles susceptibles d'être des cibles

12 13 pharmaceutiques ont été prédites en utilisant Q-SiteFinder et ICM . Le docking de la molécule

14 15

C-13 a été réalisé en utilisant LigandFit et Surflex . Les 20 premières positions ont été analysées et une position consensus est présentée à la Fig. 1A. Les images ont été générées avec PyMoI.

8) Péritonite (Fig. 5). Le recrutement péritonéal Syk-dépendant des neutrophiles a été induit chez

36 des souris BALB/c femelles âgées de 8 semaines comme décrit dans par injection intraveineuse de 4μg de toxine Bordetella pertuissis (don du Dr D. Raze, Inserm, Lille, France) et 2 heures plus tard par injection intrapéritonéale de 4% de thioglycollate dans de l'eau stérile. Un lavage péritonéal a été réalisé avec 5ml de PBS 4 heures plus tard et le nombre total de neutrophiles a été déterminé après marquage avec anti-Gr1 conjugué à APC (Becton-Dickinson) et analyse par cytométhe de flux. C-13 (100 mg/kg) dans CMC ou le véhicule seul a été administré oralement une heure avant l'injection de la toxine Bordetella pertuissis. 9) Purification et prolifération in vitro des Lymphocytes B. Les lymphocytes B spléniques ont été purifiés à partir de souris BALB/c femelles âgées de 8 semaines sur des billes magnétiques par sélection négative utilisant des micro billes revêtues de CD43 et des colonnes LS (Miltenyi Biotec)

37 comme précédemment décrit . Après deux heures d'incubation avec des concentrations variables de C-13 ou du véhicule, 50.000 cellules ont été cultivées pendant 48 heures dans des plaques de 96 puits en présence ou en absence de 10 μg/ml de fragment F(ab')2 d'âne anti-lgM de souris

(Jacson Immunoresearch). Du bleu d'Alamar (Serotec) a été ajouté aux cultures 24 avant la mesure des formes réduites versus oxydées du réactif à 570 et 620 nm, conformément aux instructions du fabriquant.

38

10 ) Production d'anticorps (Fig. 5C). Cette expérience a été réalisée comme décrit dans . Des souris BALB/c femelles âgées de 8 semaines ont reçu une administration orale de C-13 (150 mg/kg) dans 1% CMC ou le véhicule seul, été ont été immunisées 3 heures plus tard par une injection intrapéritonéale de 10 μg de trinitophényl-hémocyanine de patelle (TNP-KLP) dans du Rehydragel alum (Reheiss). Le sérum a été collecté avant immunisation et au jour 12. Les niveaux d'immunoglobulines spécifiques des antigènes ont été mesurés par ELISA avec 10 μg/ml de TNP- OVA lié aux plaques (Biosearch technologies) en tant qu'agent de capture. Les niveaux d'IgM, IgGI, lgG2a, lgG2b, lgG3 et IgA ont été mesurés à partir d'échantillons dilués au 1 :5000 en utilisant des anticorps de chèvre conjugués à la péroydase et isotype spécifiques (Southern Biotechnology), tandis que les niveaux d'IgE ont été mesurés à partir d'échantillons dilués au 1 :50 en utilisant des anticorps de rat anti-lgE de souris biotinylés (Becton Dickinson) et de la spreptavidine conjuguée à la péroxydase (R&D Systems). Après incubation avec le substrat TMB, la densité optique (OD) a été mesurée à 450nm.

11) Analyses statistiques. Les données numériques moyennes sont exprimées en tant que moyennes ± écarts-types (SD). Le test t de Student a été utilisé pour déterminer la signification statistique des différences entre groupes.

12) Test de toxicité de C-13 sur les cellules BMMC. Afin d'évaluer l'éventuel effet toxique de C- 13 sur les mastocytes, les cellules BMMC ont été incubées durant 5 jours à 37°C en présence de

2.5 μM ou 5 μM de C-13, ou de DMF à 0.25% (correspondant à la concentration de DMF utilisée avec 5 μM de C-13) dans les mêmes conditions que pour les tests fonctionnels. Un double marquage à l'Annexine-V et lodure de Propidium a permis de mettre en évidence le niveau de viabilité des cellules BMMC après 3 heures et après 5 jours. La viabilité des cellules of BMMC traitées dans les mêmes conditions avec la Staurosporine a été mesurée dans les mêmes conditions.

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Revendications

1. Molécule se liant à la protéine tyrosine kinase Syk humaine au niveau d'une poche tridimensionnelle comprenant le résidu Arginine situé en position 68 et les deux résidus acide glutamique situés en positions 121 et 155 de la protéine Syk humaine dont la séquence est illustrée par la SEQ ID N°1, et capable d'inhiber d'au moins 10% in vitro la liaison (i) du fragment d'anticorps G4G11 (SEQ ID N°2), ou

(ii) d'un anticorps ou fragment d'anticorps se liant à la protéine tyrosine kinase Syk humaine au niveau d'un épitope comprenant au moins l'un des résidus 65 à 74 de la séquence en acides aminés de la protéine tyrosine kinase Syk humaine représentée par la séquence SEQ ID N°1 , ou

(iii) d'un anticorps ou fragment d'anticorps se liant à la protéine tyrosine kinase Syk humaine et inhibant d'au moins 10% la liaison du fragment d'anticorps G4G11 avec la protéine tyrosine kinase Syk humaine (SEQ ID N°1), à la protéine tyrosine kinase Syk humaine ou à l'une de ses variantes chez l'animal, pour la prévention ou le traitement d'une pathologie dépendante d'une voie métabolique impliquant Syk chez l'homme ou l'animal, où ladite molécule est la molécule C-13 ayant pour formule

ou une molécule organique de poids moléculaire compris entre 50 et 2500 Dalton équivalente sur le plan fonctionnel à la molécule C-13, choisie parmi les molécules ayant l'une des formules suivantes :

ou

R1 est un groupement aromatique substitué ou non, ou un hétérocycle substitué ou non comprenant au moins un atome S, O ou N ;

R2 est un groupement aromatique substitué ou non, un hétérocycle substitué ou non, une chaîne carbonée saturée ou non, comprenant un groupement aminé, une chaîne carbonée saturée ou non comprenant un groupement aromatique substitué ou non ou une chaîne carbonée saturée ou non comprenant un hétérocycle substitué ou non comprenant au moins un atome S, O ou N ;

R3 est un groupement phényle, 2-pyridinyle, 3-pyridinyle ou 4-pyridinyle, substitué ou non ;

R8 (H) ou n = O ou 1 ; n' = O ou 1 ;

R4 est une chaîne carbonée saturée ou non comprenant 1 à 5 atomes de carbone, substituée ou non par un groupement aromatique ;

R5 est un groupement aromatique substitué ou non ou un groupement aminé substitué ou non ;

R6 est un atome d'hydrogène, un groupement alkoxy, un groupement alkyle ou un halogène ;

R7 est un atome d'hydrogène, un groupement alkoxy, un groupement alkyle ou un halogène ;

R8 est un atome d'hydrogène, un groupement alkoxy, un groupement alkyle ou un halogène ;

ou m = O, 1 ou 2 ;

R9 est un atome d'hydrogène et R10 est un groupement phényle substitué ou non, ou R9 et

R10 font partie d'un même hétérocycle substitué ou non, ou R9 et R10 font partie d'un même groupement aromatique substitué ou non;

R11 est un atome hydrogène, un groupement alkoxy ou un groupement alkyle ;

R12 est un atome hydrogène, un groupement alkoxy ou un groupement alkyle ;

R13 est un atome hydrogène ou un groupement alkyle ou alkoxy; R14 est un atome hydrogène ou un groupement alkyle ou alkoxy ;

ou

ou

A est un atome d'oxygène ou de Soufre ;

R15 est une chaîne carbonée saturée ou non comprenant 1, 2 ou 3 atomes de carbone, substituée ou non par un groupement aromatique substitué ou non, par un hétérocycle substitué ou non ou par un groupement aminé faisant partie d'un hétérocycle substitué ou non ;

R16 est un atome d'hydrogène, un halogène ou un groupement alkoxy ;

R17 est un atome d'hydrogène, un groupement alkoxy ou un groupement acétoxy ;

(57) (60)

(69) (21)

(46) (67)

(70) (78)

(41) (62)

(54) (55)

(76) (59)

(87) (20)

(29)

ou un stéréo-isomère, racémate ou sel pharmacologiquement acceptable de C-13 ou de ladite molécule équivalente.

2. Molécule selon la revendication 1 où ladite molécule se lie à la protéine tyrosine kinase Syk au niveau d'un site localisé en dehors de son domaine catalytique.

3. Molécule selon la revendication 1 ou 2, où ledit anticorps ou fragment d'anticorps se lie à la protéine tyrosine kinase Syk humaine au niveau d'un épitope comprenant au moins 5 des résidus 65 à 74 de la séquence en acides aminée de la protéine Syk humaine illustrée par la SEQ ID N°1.

4. Molécule selon la revendication 1 , 2 ou 3 où ladite poche tridimensionnelle comprend également le résidu Serine situé en position 9, le résidu Glutamine situé en position 43, le résidu Phénylalanine situé en position 51 , le résidu Isoleucine situé en position 66, les résidus Glutamate situés en position 67 et 69, le résidu Leucine situé en position 70, le résidu Asparagine situé en position 71, le résidu Glycine situé en position 72, le résidu Thréonine situé en position 73, le résidu Tyrosine situé en position 74 et le résidu Alanine situé en position 75 de la protéine Syk humaine dont la séquence est illustrée par la SEQ ID N°1.

5. Molécule selon l'une quelconque des revendications 1 à 4 où ladite molécule est utilisée pour la prévention ou le traitement de réactions d'hypersensibilité de type I.

6. Molécule selon la revendication 5 où ladite molécule inhibe la dégranulation des mastocytes dépendante des IgE.

7. Molécule selon la revendication 6 où ladite molécule est capable d'inhiber de 50% in vitro la dégranulation des mastocytes à une concentration (CI50) comprise entre 1ng/ml et 1 mg/ml.

8. Molécule selon l'une quelconque des revendications 5 à 7 où ladite voie métabolique impliquant Syk est une voie d'activation des mastocytes ou des basophiles.

9. Molécule selon l'une quelconque des revendications 5 à 8 où ladite pathologie est l'asthme allergique, la conjonctivite allergique, la rhinite allergique, l'anaphylaxie, l'angioedème, l'urticaire, l'éosinophilie ou une allergie à un antibiotique.

10. Molécule selon l'une quelconque des revendications 5 à 9 où ladite molécule n'a pas d'effets sur les voies métaboliques impliquant la protéine Syk humaine (SEQ ID N° 1 ) autres que celles conduisant à la dégranulation des mastocytes et/ou aux réactions d'hypersensibilité de type I.

11. Molécule selon la revendication 10 où ladite molécule n'a pas d'effets sur la réponse anticorps faisant suite à une immunisation par un antigène thymo-dépendant ou sur le recrutement Syk- dépendant des neutrophiles.

12. Molécule selon l'une quelconque des revendications 1 à 4 où ladite voie métabolique impliquant Syk est une voie d'activation des lymphocytes B, des lymphocytes T, des neutrophiles, des éosinophiles, des cellules NK, des plaquettes, des érythrocytes, des ostéoclastes, des cellules épithéliales ou de cellules cancéreuses.

13. Molécule selon la revendication 12 où ladite pathologie est la polyarthrite rhumatoïde, une maladie auto-immune, l'inflammation ou un cancer.

14. Molécule selon l'une quelconque des revendications 1 à 13 où ladite molécule est utilisée en combinaison avec une autre molécule thérapeutique.

15. Molécule selon la revendication 14 où ladite autre molécule thérapeutique est également une molécule utilisée pour la prévention ou le traitement d'une pathologie dépendante d'une voie métabolique impliquant Syk.

16. Molécule selon la revendication 14 où ladite autre molécule thérapeutique est une molécule utilisée pour la prévention ou le traitement d'une pathologie non dépendante d'une voie métabolique impliquant Syk.

17. Molécule selon l'une quelconque des revendications 1 à 16 où ladite molécule est destiné à être administré par voie orale, sublinguale, nasale, oculaire, locale, intraveineuse, intrapéritonéale, sous-cutanée, par aérosol ou par inhalation.

18. Molécule selon l'une quelconque des revendications 1 à 17 où ladite molécule est destiné à être administré à des patients humains adultes, enfants ou nouveau-nés.

19. Molécule selon l'une quelconque des revendication 1 à 18 où ladite molécule est destiné à être administrée à des doses comprises entre 0,01 mg/kg et 200mg/kg.

20. Molécule selon la revendication 19 où ladite molécule équivalente est choisie parmi les molécules ayant l'une des formules suivantes :

• la formule (I) où - R1 est o un groupement phényle non substitué ou substitué par un atome F ou Cl, par un groupement méthyle ou éthyle, par un groupement N,N-diméthyl-sulfonamide ou par deux groupements choisis parmi les groupements méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy et éthoxy, o ou un groupement

ou un groupement furane non substitué ou substitué par un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy, ou un groupement thiophène non substitué ou substitué par un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy ;

où R21 et R22 sont des atomes de carbone faisant chacun partie d'une chaîne alkyle comprenant 1 , 2 ou 3 atomes de carbone, ou bien faisant tous deux partie avec l'atome d'azote auquel ils sont liés d'un même hétérocycle saturé ou non comprenant également un atome d'oxygène ou un second atome d'azote, ou un groupement où R23 et R24 sont des atomes de carbone faisant chacun partie d'une chaîne alkyle comprenant 1 , 2 ou 3 atomes de carbone, ou bien faisant tous deux partie avec l'atome d'azote auquel ils sont liés d'un même hétérocycle saturé ou non comprenant également un atome d'oxygène ou un second atome d'azote,

o ou un groupement

- et R3 est o un groupement 2-pyridinyle, 3-pyhdinyle ou 4-pyridinyle non substitué, o ou un groupement phényle non substitué ou substitué par un groupement benzoxy, et/ou par un groupement hydroxy, et/ou par un groupement méthyle, et/ou par un groupement éthyle, et/ou par un groupement propyle, et/ou par un ou deux atomes Br, F ou Cl, et/ou par un à trois groupements hydroxy, méthoxy ou éthoxy. ou la formule (II) où

R4 est une chaîne carbonée saturée ou insaturée comprenant 1 , 2 ou 3 atomes de carbone ;

R5 est un groupement phényle ou un groupement aminé secondaire substitué par un groupement phényle substitué ou non, ou par un groupement R6 est un atome d'hydrogène ou de chlore ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy ;

R7 est un atome d'hydrogène ou de chlore ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy ;

R8 est un atome d'hydrogène ou de chlore ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy.

ou la formule (III) où

R9 est un atome d'hydrogène et le groupement R10 est un groupement phényle substitué ou non, ou les groupements R9 et R10 font partie d'un même hétérocycle substitué ou non comprenant 2 atomes d'azote et 4 atomes de carbone ;

R11 est un atome hydrogène ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy ;

R12 est un atome hydrogène ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy ;

R13 est un atome hydrogène ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy ;

R14 est un atome hydrogène ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy ;

ou

• la formule (IV) où

A est un atome d'Oxygène ou de Soufre ;

R15 est un groupement

R16 est un atome d'hydrogène ou de chlore ou un groupement méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy ou éthoxy;

R17 est un méthyle, éthyle, hydroxy, méthoxy, éthoxy, acétoxy, méthoxycarbonyle ou éthoxy carbonyle.

21. Molécule selon la revendication 20 où ladite molécule équivalente est choisie parmi les molécules suivantes :

(9)

(26) (27)

(28) (31)

(33) (34) (35)

(39)

(50) (71)

(85) (86)

(18) (40) (48)

(47) (82)

(61) (77)

22. Molécule selon l'une quelconque des revendications 1 à 21 où l'affinité in vitro de ladite molécule pour la protéine Syk est inférieure à 25 μM.

23. Composition comprenant une molécule selon l'une quelconque des revendications 1 à 22 et un excipient acceptable sur le plan pharmacologique pour la prévention ou le traitement d'une pathologie dépendante d'une voie métabolique impliquant Syk chez l'homme ou l'animal.

24. Composition selon la revendication 23 où ladite composition comprend également une autre molécule thérapeutique.

25. Procédé pour l'identification d'une molécule organique de poids moléculaire compris entre 50 et 2500 Dalton se liant à la protéine tyrosine kinase Syk et capable d'inhiber d'au moins 10% in vitro la liaison

(i) du fragment d'anticorps G4G11 (SEQ ID N°2), ou

(ii) d'un anticorps ou fragment d'anticorps se liant à la protéine tyrosine kinase Syk humaine au niveau d'un épitope comprenant au moins l'un des résidus 65 à 74 de la séquence en acides aminés de la protéine tyrosine kinase Syk humaine représentée par la séquence SEQ

ID N°1, ou

(iii) d'un anticorps ou fragment d'anticorps se liant à la protéine tyrosine kinase Syk humaine et inhibant d'au moins 10% la liaison du fragment d'anticorps G4G11 avec la protéine tyrosine kinase Syk humaine (SEQ ID N°1), à la protéine tyrosine kinase Syk humaine ou à l'une de ses variantes chez l'animal, comprenant au moins les étapes suivantes : a) le criblage à partir d'une banque de molécules organiques candidates de poids moléculaire compris entre 50 et 2500 Da de celles susceptibles de se lier à ladite protéine Syk au niveau de la poche tridimensionnelle de liaison sur ladite protéine Syk d'une molécule choisies parmi les molécules de formule C-13, I, II, II, IV ou 1 à 87 définies ci-dessus ; b) la sélection parmi les molécules identifiées en a) de celles capables d'inhiber d'au moins 10% in vitro la liaison de l'anticorps ou fragment d'anticorps (i) ou (ii) à la protéine Syk.

26. Procédé selon la revendication 25 où la molécule de l'étape a) est la molécule C-13, la molécule (59) ou la molécule (61).

27. Procédé selon la revendication 25 ou 26 comprenant une étape supplémentaire préalable à l'étape a) d'identification de la poche tridimensionnelle de liaison sur la protéine Syk de la molécule choisies parmi les molécules de formule C-13, 1, II, II, IV ou 1 à 87.

28. Procédé selon la revendication 27 où ladite étape préalable est réalisée par la mise en oeuvre d'un docking in silico.

29. Procédé selon l'une quelconque des revendications 25 à 28 comprenant une étape supplémentaire c) de sélection parmi les molécules identifiées en b) de celles capables d'inhiber de 50% in vitro la dégranulation des mastocytes à une concentration (CI50) comprise entre 1ng/ml et 1mg/ml.

30. Utilisation d'une molécule selon l'une quelconque des revendications 1 à 22 pour la fabrication d'un médicament pour la prévention ou le traitement d'une pathologie dépendante d'une voie métabolique impliquant Syk chez l'homme ou l'animal.


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